Depuis quelques jours, je suis comme Zorro sans Tornado, ma trottinette à moteur (mon scooter… je précise) étant en réparation. Je me retrouve donc malheureux pédibus de mon état, réduit à retrouver, non sans une absence totale de motivation, ce charmant RER, objet de culte pour un ado banlieusard pré pubère à la peau constellée qui découvre les premiers voyages vers la capitale, mais véritable vision d’horreur pour bon nombre de travailleurs exilés loin des fortifications du périphérique parisien. Faut quand même reconnaître que, si la Gare du Nord brasse à elle seule un million de voyageurs quotidiennement (rendons à César ce qui appartient à la SNCF /RATP), les joyeux usagers sont malgré tout la cible de grèves, retards et incidents en tous genres. Et je ne parlerai pas des désagréments inhérents aux transports en commun et à la promiscuité des voyageurs entre eux (odeurs, bruits, etc…).
Je ne veux pas faire mon démago ni mon snob, je reste quand même heureux qu’un tel système de transport en commun existe. Voilà, j’ai fait ma B.A.. Mais quand même, ce matin, c’était un peu gros. J’arrive donc à la gare RER, résigné à perdre une heure de mon temps en compagnie d’illustres inconnus aussi joyeux et souriants que des fans de black métal à un concert de Lorie. Et là, quelle ne fut pas ma surprise. Tous les guichets (et la gare par la même occasion) sont fermés. Je me dirige donc vers le distributeur automatique de titres de transports situé sur le quai. Car oui, c’est pas parce que ça me saoule de me taper le RER que je vais pas payer mon trajet. Non mais.
C’est à ce moment que je fis une découverte des plus troublantes. Ce n’est pas parce qu’un guichet est automatique, que l’automate n’est pas récalcitrant. Moi qui ai toujours pensé que c’étaient les guichetières de la SECU qui étaient réfractaires façon :
_ "Vous n’avez pas l’annexe 2 du formulaire AZ45-6B-44 bis ?
_ Mais puisque je vous dis qu’on ne me l’a jamais donnée !!
_ Ah mais sans ce document, je ne peux pas prendre en considération votre demande. Veuillez revenir la semaine prochaine pour nous faire une nouvelle demande de dossier."
Mais puisqu’ici, point de guichetière, j’en concluais que c’était la fonction elle-même de "guichet" qui transmettait sa réfraction au guichetier, automatique, ou pas. Je me retrouvai donc face à cette machine butée qui me répétait inlassablement "opération annulée" dès que j’eue tapé le code destination. Pour le dire plus simplement, pas moyen d’acheter un titre de transport.
Mon train pointant le bout de son nez, je me trouvai contraint et forcé à resquiller. Je l’attendais de pied ferme le contrôleur, prêt à lui faire comprendre que mon ego d’usager honnête s’en était trouvé blessé, et surtout prêt à ne pas payer l’amende que je risquais d’avoir. Mais point de contrôleur ce matin. En revanche, un dernier obstacle m’attendait : les portiques de sortie.
C’est en y pensant pendant mon trajet que je me suis dit : à chaque sport sa tenue. J’ai eu à peu près le même sentiment qu’en cours de sport au collège…un sentiment mêlant solitude et désarroi au moment où j’ouvrai mon sac à dos et que je constatai que mes baskets n’y étaient pas… j’avais dû faire une course de fond en Doc Martens…. Et comme aujourd’hui je suis pédibus, j’ai voulu me la jouer classe avec mon grand manteau long et mon sac en cuir en bandoulière qui, bien entendu, pèse trois tonnes. Et t’en vois beaucoup toi des mecs en costards qui sautent par-dessus les portiques ? Non, évidemment.
Quoi qu’il en soit, j’avais pas le choix, fallait que je franchisse le pas (et le portique). Arrivé sur le quai de ma gare de destination, je repérai l’usager honnête et muni de son titre de transport. Tel Nestor Burma, j'exécutais ma filature, tout en gardant mes distances pour ne pas éveiller de soupçons. Presque arrivé aux portiques de sortie, je m’approche de mon sauveur, je prends appui sur les côtés du portique pour enjamber ce dernier pendant que mon prédécesseur ouvre la porte. Comme je suis d’une discrétion pachydermique, mon prédécesseur m’a bien entendu remarqué et, dans un geste d’une grande gentillesse, il me tient la porte alors que je finis mon mouvement de resquilleur. Mais comme dirait l’autre : et soudain, c’est le drame. Mon sac se prend dans le portique freinant ainsi mon élan et mon enthousiasme de voir la sortie. Je te laisse imaginer la suite : je mets trois plombes pour me dépêtrer pendant qu’il me tient la porte le sourire aux lèvres. Enfin démêlé, j’ai fait semblant d’être en retard, l’air de rien. Enfin... surtout, l’air pressé.
Et tout ça à cause de quoi ? A cause d’un guichet automatique qui a fait un stage à la CPAM !
7 oct. 2008
Le fraudeur malgré lui
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4 koitendis ?:
c'est.ti.pas.meugnon...
@ Nell : mouais... meugnon... j'étais surtout pas fier...
Y a pas que moi qui ai fait le boulet alors ! Quelque part ça me rassure !
La situation est belle, ça aurait pu être pire, t'aurait pu enjamber le tourniquet et te retrouver face à la porte close, coincé entre les deux, face aux regards consternés des usagers, auxquels tu adresserais un sourire niais implorant leur secour... (il va s'en dire que cette situation m'est totalement étrangère et qu'en aucun cas je ne me suis retrouvé coincé entre la porte close de ma dignité et le tourniquet bloqué d'un chance improbable!)
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