Je ne reviendrai pas sur mon manque cruel d’assiduité ici, mon irrégularité étant liée aux fluctuations nec mergitur de mon emploi du temps de ministre, même si je dois aussi reconnaître que, parfois, l’inspiration me fait défaut (cf. mon dernier message…).
De retour de mon WE de trois jours, ce qui, me concernant, est une expression pléonastique (tac!!), j’arrivai lundi dernier au bureau avec la fraîcheur d’une huître en plein Sahara. Dire que j’y allais à reculons était un peu en dessous de la réalité : à dire vrai, ma motivation avoisinait celle d’un condamné dans le couloir de la mort. Mais comme on dit, quand faut y aller, faut y aller (si je tiens le con qui a dit ça je lui fais manger ses dents).
J’arrive donc au bureau avec la ferme intention de me cloîtrer derrière mon écran et de n’en sortir qu’après 12 cafés et 4 heures de l’après midi. C’était sans compter sur Nouvelle et son enthousiasme envahissant. C’était aussi sans compter sur cette incroyable capacité qu’elle a à ne pas comprendre ce que je lui dis. Ca donne à peu près ça :
_ "Ah ah !! euh… dis, Sir Grouik, ah ah ! et euh… j’voulais ah ah ! savoir ah ah ah ! (ça, c’est son enthousiasme envahissant), et donc, en fait, j’voulais aussi te demander ah ah ! (oui, elle a le don pour perdre du temps…) et que alors, je voulais savoir : tu as fait le tri dans le fichier clients ?"
Sans laisser paraître que je suis à peu près aussi épuisé qu’un marathonien par la longueur et les détours de sa question, je lui réponds que c’est une tâche qu’on effectue au fur et à mesure vu l’aspect fastidieux de la chose et que de toutes manières, ça évolue tout le temps, donc autant le gérer au jour le jour. C’est alors qu’elle me répond :
_ "Aaaaahhh ! ok !… Mais je voulais savoir si… euh ah ah ah… et…hem… enfin…. ah ah … si t’avais fait le tri dans le fichier client, parce que tu vois, en fait… ah ah … faut faire le tri tu vois et que…". Elle a ensuite employé des mots de plus de quatre syllabes dont elle doit sûrement ignorer le sens et l’usage correct (ou alors, c’est qu’elle fait pas exprès).
J’aurais peut-être dû essayer de communiquer en JC Van Damme :
_ "Ecoute cocotte, first, tu vas pas me donner des ordres, because, ton direct chef, that’s me, okay ? Ensuite, tu vas get out de mon vital space, parce que, si t’es vraiment aware comme la fleur au milieu de the ocean of mind, tu devrais être careful que je m’entraîne pas au full contact sur your face… PARCE QUE T’ECOUTES PAS LA REPONSE ET EN PLUS J’AI HORREUR QU’ON VIENNE ME PARLER À TROIS CENTIMETRES !!".
Mais j’ai rien dit. Le dialogue avait atteint un niveau de surdité trop élevé pour que je poursuive la conversation en gardant tout mon sang-froid.
Néanmoins, dans ma grande classe, je n’ai pas voulu user de mon pouvoir et de mon crédit aux yeux de ZBBB et Big Boss pour lui tailler un costard. En effet, lors d’une réunion tenue à huis clos le jeudi qui suivit, les grandes instances patronales m’ont demandé de leur faire part de mon sentiment au sujet des employés, et notamment Nouvelle. Après avoir hésité à leur demander de lui interdire définitivement le café, je suis finalement tombé dans un discours consensuel où je mettais en avant ses qualités tout en nuançant mon propos en évoquant les défauts de sa jeunesse.
Tu dois sûrement te dire que je suis un fayot, un dégonflé, un bouffon, un premier de la classe, un bigorneau, un j'en-foutre, une limace, un François Bayrou, un ornithorynque ou que sais-je encore... Peut-être. Mais j’ai surtout réfléchi au fait que, grâce à Nouvelle, je ne me tape plus toutes les tâches fastidieuses et rébarbatives qu’il fallait que je m’embourbe avant qu’elle n’arrive. Alors, autant qu'elle reste...
J'arrive peut-être à ce moment crucial dans ma carrière : celui où je passe de l'autre côté de la barrière, celui où tu je dois faire fi des personnalités de chacun pour me concentrer sur les compétences, dans le seul et unique but d'en tirer profit. Au final, je me dis que mon rôle de chef me convient pas si mal… Parce que je le vaux bien ?
6 oct. 2008
Pas de costard pour Nouvelle
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2 koitendis ?:
mais oui parce que tu le vaut bien !
aha extra cette note.. moi aussi je DESTESTE ceux qui viennent respirer ton air sous ton nez.. beuhh
@ La Fée : Merci de ta sollicitude la Fée. Manifestons violemment contre ces empêcheur de respirer en rond !
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