21 nov. 2008

Trop bon, trop con ?

Je ne crois pas en dieu. Et paf, ça c'est une entrée en la matière. Néanmoins, tel l'agriculteur, je reste intimement persuadé qu'on ne récolte que ce qu'on a semé (en bien ou en mal). J’en ai eu la preuve hier avec Nouvelle.

La journée d’hier s’annonçait interminable. Une tonne de boulot à finir impérativement, un déjeuner-réunion au sommet qui s’annonçait plus que long (bien que fort bon au demeurant ; mais comme on dit, plus c’est bon, plus c’est long…) et tout ça après une nuit un peu courte. En arrivant le matin au bureau, autant dire que j’étais aussi bien préparé à affronter les missions qui m’incombaient que Dr House au marathon.

La matinée se passe plutôt pas mal, les clients sont gentils et contents de mon travail (si si ! ça arrive !), bref, tout baigne. Le repas-réunion se passe sans encombre malgré quelques remarques cinglantes que Ze Big Boss Bis m’envoie, auxquelles je réponds tout aussi cinglamment (je sais ça se dit pas, mais c’est pour le style), mais tout ça avec le sourire, ou du moins, avec ce qui y ressemble.

La fin de journée approche et j’ai encore un milliard de choses à faire avant de pouvoir m’évader du bureau et me dire, comme on crie "Victoire !", que je suis en WE. C’est alors que Nouvelle, dans un élan d’enthousiasme créatif (mais toujours envahissant), envoie à toute l’équipe, un document promotionnel destiné aux prospects (‘tain, j’pensais pas que j’allais le placer un jour se mot).

Dans ma grande magnanimité, je prends le temps de le lire pour lui faire part de mes impressions (elle a besoin de reconnaissance cette petite). Elle entre donc dans mon bureau, et, au fur et à mesure que je découvre la chose, je démonte son argumentaire pour conclure finalement que, oui, dans le principe, pourquoi pas, mais que la ligne directrice est contraire à ce qu’on a prévu à la base. Autrement dit, je conclue sur un "oui… mais non", qui remet en cause tout son travail.

C’est alors qu’elle défend son bout de papier gras en m’avançant des arguments plus fallacieux les uns que les autres. Si Mesrine avait eu un avocat, l'aurait pas fait mieux. J’use d’une patience exemplaire en lui répondant, point par point. Le ton, bien que tout à fait cordial, commence à monter et chacun campe sur ses positions. Tout ceci confirme ce que je pense depuis un certain temps, à savoir qu’elle a l’intime conviction d’être la sauveuse du monde avec ses idées révolutionnaires. Pauvre naïve...

Mais va falloir se calmer Nouvelle hein ! Ca fait quelques mois que tu es là. Moi, ça fait quelques années. Donc, outre le fait que tu me dois le respect (je parle comme un vieux con, je sais, mais ça fait du bien aussi), dis-toi bien que tes idées, je les ai déjà eu et que si personne ne les a mises en œuvre, c’est qu’il y a une bonne raison !

Je lui redis donc, avec patience mais fermeté qu’elle a tort et que, pour trancher ce dilemme inextricable, nous allons en toucher un mot à Ze Big Boss Bis. Ze Big Boss Bis ne me désavoua pas, évidemment. Même Boulet qui s’est immiscé dans la conversation ma donna raison. C’est d’ailleurs lui qui a expédié les arguments de Nouvelle façon X-Or : en une fraction de seconde.

Cette mini-réunion au sommet improvisée nous a permis de dépasser le problème et d’envisager la question sous un autre angle, sur la base de mes arguments (ça va sans dire...). Mais au final, Nouvelle a eu tort. Et c’est en rentrant dans le bureau que j’ai pu vérifier que, dans la vie, on récolte ce qu’on sème, à savoir que, depuis que Nouvelle est arrivée, je supporte ses élans avec une patience et une impassibilité dignes de celles d’un moine tibétain face à l’armée chinoise et que j’ai fini par avoir gain de cause.

Ce qui fut cependant totalement inattendu, c’est qu’en rentrant dans le bureau, j’ai vu les yeux de Nouvelle qui commençaient à se mouiller. Je n’ai pu retenir un tout petit sourire en coin de satisfaction (discrètement, quand même, je suis pas un monstre). Mais j’ai ressenti la même chose que lorsque j’engueule mon chat qui a eu la très bonne idée de déféquer juste à côté de sa litière : de la pitié. Nouvelle, c’est comme mon chat qui chie à côté : c’est finalement pas de sa faute, elle pensait bien faire (oui, il est très douillet le chat, il ne supporte pas quand sa litière est très sale, alors il fait juste à côté).

Tel un roi qui absout ses sujets, tel le Christ qui rachète les pêchés des hommes, j’ai pardonné à Nouvelle son ego mal placé et je lui ai envoyé un mail lui disant que ça n’avait rien de personnel, et qu’elle ne se sente pas remise en cause.

‘tain, j’suis trop bon moi. J’espère simplement ne pas vérifier l’adage "trop bon, trop con". A suivre donc…

4 koitendis ?:

unegrossefeignassedefee a dit…

ben nan c'est juste que t'es pas un méchant au fond...

Grouik a dit…

@ La fée : ben c'est ce que je me dis... Mais ce qui me fait flipper au fond c'est que, comme dirait Confucius, la vie, c'est pas comme un film d'Hollywood : les méchants gagnent souvent. Du coup, je risque de devenir le dindon de la farce. Mais bon, vu que c'est bientôt Noël... (dindon... farce... bon, ok, pardon)

unegrossefeignassedefee a dit…

t'inquiètes.. ça se règlera sur le perron du Paradis ça..

Grouik a dit…

@ la fée : à grands coup de batte de baseball !