Depuis le départ de ma très chère collègue, j’avais remarqué une petite amélioration dans mes rapports avec l’unique "collègue" qui me restait : le boulet. En effet, la fréquence de ses boulettes avait tendance à diminuer (sans pour autant disparaître). Mais, étant diplomate, patient et indulgent (oui… je sais, je suis bourré… de qualités), je m’étais dit que le départ de ma collaboratrice avait eu une influence positive sur sa capacité à se concentrer et à réfléchir avant d’ouvrir la bouche.
Mais quelle était mon erreur !! Quel hâte dans mon jugement !! J’aurais dû me douter qu’on ne chasse pas le naturel, sans quoi il se transforme en canasson. Ceci dit, vendredi dernier, j’aurais bien aimé avoir un fusil…
Mais avant de t’expliquer pourquoi le cheval, je l’aime saignant, il faut au préalable que tu saches que, si ma paie est loin d’être celle d’un ministre, j’ai néanmoins l’avantage de pouvoir choisir mon temps de travail. Parce que je suis un peu fainéant sur les bords, et parce que, contrairement au proverbe, pour moi, les jours de repos, c’est la santé, je ne travaille qu’à temps partiel. Autrement dit, comme certains écoliers, je fais la semaine de quatre jours. Je sais, la vie est injuste : mes week-end durent toujours trois jours. Et ça fait plus de deux ans que je ne travaille JAMAIS le vendredi. Tout le monde dans la boîte le sait (c’est-à-dire, quatre personnes) et c’était, il me semblait, totalement acquis.
Vendredi dernier donc, comme tous les vendredi, je n’étais pas au bureau. La veille non plus d’ailleurs, puisque, ayant une activité parallèle de musicien, je donnais un concert en province. J’avais naturellement prévenu tout le monde en avance, et même plusieurs fois avant la date. Je me répétais donc assez souvent, d’autant plus que mon cher boulet avait franchement tendance à l’oublier. Mieux vaut prévenir que guérir.
Le concert du jeudi soir se passe bien, et comme tout concert de rock’n roll digne de ce nom, la soirée est arrosée et se termine assez tard. Mais, pas de grasse mat’ le lendemain matin, puisqu’il faut libérer la chambre d’hôtel, récupérer le matériel, et, accessoirement, rentrer à la maison. Il est 9h15 quand je me réveille ; ou plutôt, il est 9h15 quand la femme de chambre entre à l’improviste alors que je suis à moitié nu dans mon lit. Mais passons. Je me lève donc, et, à 9h23 précisément, je suis en tête-à-tête avec mon café. Dans ma léthargie, même le noir du café est éblouissant. C’est alors que mon téléphone sonne. Pourtant, chacun sait que me solliciter tôt le matin (parce que 9h23, c’est tôt), c’est prendre le risque de se frotter à ma mauvaise humeur. Autrement dit, le matin, si on ne m’appelle pas pour me de dire que je viens de gagner 20 millions d’euros au loto, je risque d‘être aussi agréable que le T-Rex dans Jurassic Park.
Je décroche donc mon téléphone, et avec une voix qui ferait passer Barry White pour Farinelli, je réponds. C’est mon boulet qui m’appelle depuis l’étranger (il est en déplacement commercial). La mauvaise humeur qui s’était emparée de moi lorsque j’ai senti mon téléphone vibrer ne fait alors que redoubler. Néanmoins, je reste pétrifié de stupéfaction lorsque mon boulet me demande si je suis au bureau. A ce moment précis, je mesure combien il est difficile pour lui de relier les éléments entre eux. Je me dis qu’il fait peut-être partie de ces personnes qui doutent que le monde existe encore lorsqu’ils ferment les yeux…
Parce que, d’une part, je ne travaille jamais le vendredi, et d’autre part, personne n’arrive jamais avant 10h (voire 10h30) au bureau. Enfin, je me suis dit que la prochaine fois que je voudrais lui graver quelque chose dans la mémoire, je le ferai au sens propre : avec un burin.
Je prends donc le ton le plus monocorde qui soit (pour éviter de lui signifier à quel point il vient de dire une bêtise) et je lui réponds qu’il est trop tôt pour qu’il y ait quelqu’un au bureau, que je ne travaille jamais le vendredi et que de toutes façons, je donnais un concert la veille, donc je n’étais même pas là le jeudi. Avec toute l’intelligence du monde, il me réponds un "Ah oui…" traînant, un peu façon "Allo Houston, nous avons un problème… les neurones ne se connectent pas…". Et c’est avec une absence totale de cohérence qu’il me rétorque "Oui, mais je n'arrive pas à joindre le bureau".
Je comprends dès lors que ma réponse l’avait dérouté puisqu’elle ne rentrait pas dans les choix multiples qu’il avait envisagés. Après être tombé de ma chaise, je lui redis donc une nouvelle fois, que c’est normal, puisqu’il est trop tôt. Et c’est à ce moment précis que nous atteignons le summum de sa boulette. Il insiste donc, en me disant, "Oui, mais je ne comprends pas, j’ai pourtant bien fait l’indicatif de la Suisse 00 41 … et j’arrive pas à joindre le bureau". [Je rappelle, pour le lecteur égaré, que les bureaux se trouvent à Paris]. Restons calmes... D’une part, et encore une fois, IL EST TROP TOT POUR QU’IL Y AIT QUELQU’UN AU BUREAU, et d’autre part, l’indicatif pour la France, c’est 00 33… Je perçois à ce moment comme une lumière s’allumer dans son esprit. Il vient de comprendre que l’indicatif d’un pays, c’est pour appeler VERS le pays, et non pas DEPUIS le pays. Il me remercie et raccroche. Je regarde mon téléphone, encore soufflé par l’ampleur de sa niaiserie et par l’envie irrésistible de lui demander s’il le fait vraiment exprès…
Les deux jours suivants ne furent pas de trop pour oublier cet incident, mais il a fallu qu’à son arrivée, ce matin même, il récidive et me demande : "Ca s’est bien passé au bureau jeudi et vendredi ?"
Depuis, je me pose des questions : vis-je dans un monde parallèle ? son appel de vendredi à 9h23 était-il réel ? est-ce que David Vincent les a vu ? qui a tué Laura Palmer ? Où est Charlie ?
30 juin 2008
On ne chasse pas le naturel (ou alors avec un fusil)
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25 juin 2008
Le RAID ne pourra rien faire
Ils ont parfois quatre pattes, souvent six, mais jamais huit. Certains ont même la prétention d’en avoir des dizaines et des dizaines. Ils sont de plus en plus gros à mesure qu’on se rapproche des pays tropicaux (coco ?) : les insectes.
Ben là tu vois, aujourd’hui, j’en ai un qui me colle au plafond. Non, je t’ai dit qu’un insecte, ça n’a pas huit pattes. Ce à quoi tu penses, c’est une araignée. Et puis, je ne suis pas fou. Non, celui que je me traîne aujourd’hui, c’est un bon gros cafard.
Du coup, je me suis penché sur la question de savoir comment éliminer cette abominable créature. Après quelques instants de réflexion, je me suis dit que cette affreuse bestiole devait se situer vers ma rétine, puisque depuis que je l’ai, je vous tout en noir (et un peu en blanc aussi quand même). Après avoir vérifié que je ne portais pas de lunettes de soleil qui auraient pu assombrir ma vision du monde, j’ai couru à la première supérette du coin acheter de l’insecticide.
De retour au bureau, je me suis pulvérisé une bonne moitié de l’aérosol dans les yeux. Bon, résultat, je ressemble maintenant à une mouche tellement mes globes oculaires ont gonflé. Tu me diras, pour un mec qui veut se débarrasser d’un cafard, c’est un peu con.
Je me suis dit que je n’avais peut-être pas utilisé la bonne marque. Après une recherche intensive sur internet, je suis tombé sur RAID, l’insecticide foudroyant. Je les ai appelé. Et là, c’est toute une bande de Robocops armés jusqu’au dents qui ont débarqué ici. Je te laisse juger en passant par là
Bon visiblement, j’avais fait une erreur. Mais maintenant que l’équipe de choc était là, je leur ai expliqué qu’il y avait, en ce moment-même, une prise d’otage quelque part dans ma tête. Prise d’otage : c’était le mot magique. Ils ont commencé à installer leurs équipements (barricade, talkie-walkie, bombes lacrymogène, etc…) et ont voulu établir le contact avec le preneur d’otage.
Après moult tentatives, rien n’y faisait, le cafard était muet comme une carpe. Ils ont bien tenté de sortir une canne à pêche… (bon, ok, elle est vraiment nulle celle-là…). Ils ont donc décidé d’intervenir. Et c’est connu, les équipes d’intervention ne font pas dans la dentelle. Un véritable massacre. Tout y passait pour abattre mon cafard : Jean Roucas, Sim, Patrick Sébastien, la queue leu leu, la danse des canards, etc…
Mais c’est quand ils en sont arrivé aux blagues de Toto que mon cafard a fait semblant de mourir : je me suis forcé à rire, parce que je sentais que plus ça allait, et plus j’allais me retrouver avec une véritable colonie dans la tête !! Je finis donc les yeux globuleux, les oreilles qui saignent et en tête-à-tête avec l’affreux insecte.
Et je me retrouve un peu comme un imbécile ne sachant pas comment terminer ce post qui à tendance à devenir un peu long. Je conclurai donc ici, un peu en queue-de-poisson, en disant que je vais aller manger des huîtres ce soir.
Bon, ok, c’est un peu laborieux. Mais, comme on dit, y’a des jours avec, et des jours sans.
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20 juin 2008
Arrête de faire la tronche
Bon, aller, ok, c'est vrai que j'ai été un peu rude avec toi tout à l'heure, et j'ai quelques scrupules.
Bon aller, reviens...
De toutes façons tu sais bien que ce blog n'a aucun sens et que le but ultime c'est la liberté.
Mais si, je t'ai déjà expliqué (je vais vraiment finir par croire que tu ne m'écoutes jamais !!). Tu es ici parce que tu veux perdre ton temps. Or, dans cette vie cruelle où chaque seconde se doit d'être productive pour mériter d'être vécue, je me pose ici en défenseur de l'oisiveté créative et m'autorise à perdre mon temps, volontairement et prioritairement, en m'accaparant par la même manière quelques précieuses minutes de ta vie.
Bon, ça va mieux ? Tu ne m'en veux plus ?
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19 juin 2008
Le monologue du schizophrène
Une fois n’est pas coutume, je vais te parler de moi. Bon, ok, en fait, c’est vrai, parler de moi, c’est finalement l’unique chose que je fais ici, ma plume (ou mon clavier, pour ceux pour qui l’image romantique serait déplaisante et/ou inappropriée) ; ma plume donc, n’ayant pour objet que le nombril de ma personne. « Et quel nombril !! » me diras-tu. Soit, j’ai le nombril agréable. Mais à bien y réfléchir, je me dis que je devrais parfois m’étendre sur d’autres sujets que Moi (oui, j’ai décidé d’y mettre une majuscule… c’est de circonstance). Enfin… j’y penserai pour la prochaine fois.
Ainsi donc, aujourd’hui je vais te parler de moi….
(silence)
…en même temps, faut reconnaître, que, quoi que l’on dise, quelque soit le sujet de discussion, chacun ne fait finalement que parler de soi. Je dois avouer que cette piste de réflexion m’est venue à la suite d’une discussion avec un ami qui parlait des autres qui ne font que parler d’eux, au final. Il parlait donc de lui, puisqu’il parlait. Et moi qui l’écoutais parlant des autres et donc de lui, il m’arrivait de lui répondre. Parlais-je de moi à cet instant où je lui parlais des autres donc de lui ? Si c’était le cas, je ne lui répondais pas, puisque je ne parlais pas de la même chose que lui, bien que nous parlions tous deux des autres, et donc, de nous-mêmes.
Tu aperçois ici ce cercle intellectuel, ce paradoxe inextricable qui fait que personne ne parle vraiment de la même chose à son interlocuteur en étant persuadé que si. La solution à ce problème qui, soit dit en passant, est à deux doigts de me rendre schizophrène, est peut-être finalement d’accepter le fait qu’en parlant, on ne parle que de soi, et de ne faire que ça.
Néanmoins, ayant accepté cette fatalité, il faut désormais accepter d’être perpétuellement dans le monologue, puisque ton interlocuteur, ce gros égocentrique qui ne parle que de sa petite personne, ne te répondras jamais, puisque toi, tu lui parles de toi, et lui de lui.
Il apparaît donc évident, qu’en plus d’être égocentrique, ton interlocuteur est un hypocrite fini ! Ce menteur t’affirme et te fait croire qu’il te répond, alors que pas du tout, il parle de lui !! Mais s’il ne répond pas à ce que tu dis, c’est qu’il ne t’écoute pas vraiment, ce qui, en plus d’être assez méprisant, est profondément agaçant. Moi, en tout cas, ça m’énerve. D’ailleurs t’as pas intérêt à me répondre, parce que sinon, je vais croire que tu n’as rien écouté, ce qui m’énerverait au plus haut point ! A quoi ce blog servirait-il si tu me répondais ???
Mais attends… quand, plus haut, tu me disais que j’avais un beau nombril, tu parlais de toi en fait!!! Aaaaaahhhh tu m’énerves. Je ne te dirais rien aujourd’hui ! Voilà, t’as gagné !
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16 juin 2008
Comme dirait Goldman, "il changeait la vie"
Je sais que ce n’est pas la première fois que j’en parle, mon irrégularité sur ce blog n’a d’égal que la capacité de l’équipe de France de football à se ridiculiser. Néanmoins, si la défaite cuisante des onze rigolos petits bonhommes en short aurait tendance à me faire plaisir (pas que j’ai regardé le match, j’pouvais pas, j’avais ma vaisselle à faire), mon absence ici est liée à un surplus d’activité dans la vraie vie. Il m’arrive de travailler. Oui, je sais, c’est dur à entendre (ou à lire), mais c’est que j’ai pas trop le choix. Les demandes des clients exigeants (et toujours plus exigeants), les missions diverses et variées qui m’incombent à date fixe, mes activités musicales (parce que tu croyais franchement que ma créativité se limitait à ce blog ???!!… pauvre petit naïf que tu fais là, ma créativité et mon inventivité sont illimitées !!), et tous ces détails qui remplissent une vie (ma vie de couple, mes potes, Mario Kart sur la Wii, trouver une nouvelle maison, mater des séries, etc…) ; bref, tout ça a fait que mon clavier a dû attendre avant d’être à nouveau touché par mes doigts délicats et toi par la grâce de mes mots.
Mais, pour remédier à mon irrégularité et satisfaire ta soif de ma syntaxe, j’ai pris de bonnes résolutions, et j’ai su faire les choix qui s’imposent. Dans ma grande sagesse, comme Harry’s et mon boulanger, j’ai tranché. Tel un maraîcher fou, j’ai pesé tout ce qui occupait mon temps, et, avec l’impartialité qui m’échoit, j’ai supprimé le superflu. J’ai d’abord pensé à arrêter de travailler. Mais lorsque j’ai soumis cette idée à mon banquier, j’ai eu beau lui dire qu’il n’y avait pas que l’argent dans la vie, ça ne l’a pas convaincu.
C’est donc, non sans une certaine émotion, que j’ai pris la décision unilatérale et irréversible d’annuler mon abonnement à Télérama. Il fallait se rendre à l’évidence : toutes ces dépenses inutiles (tout de même, 5 € par mois…) pour se rendre compte que, finalement, les pages les plus usées sont celles sur lesquelles le chat a jeté son dévolu. Même dans les toilettes, certains numéros restaient encore emballés… Je le voyais, ce numéro de Télérama déjà périmé, le regard accusateur et plein de reproches qui me disait « Tu n’as même pas daigné m’ouvrir ». Non, il fallait prendre une décision.
Et comme une décision ne se prend jamais seule, j’ai fait le ménage dans tous mes abonnements. Idem, Canal +, c’est fini. Etant donné que j’ai désormais une vraie vie de couple, le décryptage du samedi à minuit ne me sert plus à rien. Et comme par ailleurs, la moitié des programmes de la chaîne cryptée se résume à 22 mecs en short qui courent après un ballon, autant regarder 30 millions d’amis : ils sont plus nombreux et c’est gratuit.
Comme quoi, changer de vie, c’est possible.
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