28 juil. 2008

J'préfère préciser

Si tu ne l'avais pas encore remarqué, je ne sais pas dessiner. Les p'tites illustrations éparpillées, de-ci, de-là n'ont d'autre but que d'égayer gentiment des contenus déjà imagés par les mots. J'dis ça, c'est juste histoire que tu te dises pas "Whaaa ! t'ain, comment y veut s'la raconter l'aut'Grouik, genre, j'fais des dessins, toussa... Trop ça pue du cul...", mais que tu dises plutôt "Whaaa ! t'ain, comment l'est trop sympa Grouik, y s'casse le cul à dessiner des trucs alors qu'y sait même pô dessiner. Trop sympa le gars !"


Ca, c'est quand je ne fais pas d'effort...


Ca, c'est quand j'en fais... C'est dire...



Mais si tu veux me filer des cours de dessin, j'suis preneur !
A bon entendeur... (hein ??!!)

25 juil. 2008

Fallait pas jouer à Zelda pendant tes RTT

"Non, mais vraiment chérie, je suis désolé, mais tu sais, j’ai pas arrêté de toute la journée !! J’ai quand même fait toute la vaisselle tout ça !! Bon, ok, c’est vrai, la vaisselle, y’avait que les tasses à café de ce matin… t’en veux un d’ailleurs ? Juste avec un p’tit demi sucre ? Et j’te fais une tartine de Nutella avec si tu veux… Et alors il est 23h ?… j’vois pas l’rapport…"

"Ah oui, tiens, là y’a de la poussière… Et pis là aussi, tiens, c’est marrant ça… naaaannn mais c’est les chats, y font rien que de mettre des poils partout, mais j’te jure, j’l’ai passé l’aspiro !!!"

"Le linge ? ben é-vi-dem-ment que j’ai fait une lessive…quand même… pour qui tu me prends ? Hein ? Quoi ? Il est où le linge mouillé ? ben tu vois, j’l’ai même rangé ! Nan, mais c’est qu’il a séché super vite en fait…"

"Et pis j’ai grave bossé aussi, et mon ordi y faisait que planter tout ça… L’a fallu que je réinstalle tout le système en mode sécurisé Fat 32 anti faïeur ouall Wii Fii et Blou Touss… Ca m’a pris grave du temps ça aussi. Mais grâce à moi, on a un super débit Internet maintenant ! Ah tiens, ça marche toujours pas sur ton ordi ? C’est bizarre… comprends pas…"

"Bah oui, j’t’ai fait à manger… j’pense à toi ma p’tite puce d’amour… euh… hem… j’te fais chauffer les nuggets ? Ah merde, c’est vrai j’les ai finis… heu… tu veux des pâtes avec… euh… du beurre ? Et du fromage ?"

Heureusement, tu pourras très bientôt éviter ce genre de situation : grâce au gouvernement, il n'y aura bientôt plus de RTT.

24 juil. 2008

Les tribulations d'un Francilien en Ile de France - 3e partie

J’ai voulu me consoler de ces déceptions en me disant que, en tant que conducteur d’un deux roues qui se faufile entre les voitures sur le périph’, j’allais pouvoir entrer dans la si convoitée caste des motards, avec ses codes, sa déontologie et sa courtoisie légendaire. C’est cette compréhension entre conducteurs que tu ne peux pas retrouver chez les conducteurs de voiture. En voiture, ton ennemi, c’est potentiellement tout le monde. En moto, tous les motards (ou presque) sont tes potes. Par exemple, si tu as un souci technique sur ta machine, tu peux être sûr qu’au moins l’un d’entre eux s’arrêtera rapidement pour t’aider.

Cet esprit communautaire se manifeste également par un comportement particulier face à l’adversité. Lorsque, sur le périph’ ou sur l’autoroute, tu es seul à te faufiler entre les voitures, tu es un peu comme une sardine esseulée au milieu de l’océan, à la merci du premier prédateur venu : l’automobiliste qui change de file de manière brusque et inattendue. Au contraire, si tu adoptes la technique dite "du ban de poisson", qui consiste à former une file indienne continue, peu d’automobilistes tenteront de t’attaquer en changeant de file devant toi, sous peine de voir s’abattre sur eux le joug des motards et le bruit de leur moteur vrombissant, te permettant ainsi de continuer ton chemin sain et sauf comme un poisson dans son ban évolue dans l’immensité marine.

Seulement voilà, pour entrer dans la communauté des motards, il faut être motard : le conducteur de scooter 125 cm3 n’étant pas possesseur du permis moto, Saint Graal parmi les Saints Graux, il est considéré comme un imposteur, un escroc, un filou, un pirate, un arnaqueur (merci à Word et à son dictionnaire des synonymes…). Tu ne peux entrer dans la caste des motards que si le vroum-vroum de ton moteur dépasse un certain nombre de décibels, sans quoi tu n’es qu’un empêcheur de tourner en rond (ou plutôt un empêcheur d’aller plus vite…). Mais il faut néanmoins reconnaître que, comme le dit le proverbe, "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", aussi n’est-il pas rare d’avoir malgré tout de la considération de la part des motards.

Si tout ceci peut prêter à rire ou à sourire (et je dois avouer que c’est un peu le but…), mardi dernier, j’ai pas eu envie de rire du tout. Sur le périph’, une voiture était arrêtée. Une moto pliée par un choc d’une grande violence gisait sur le sol. Quelques mètres plus loin, le motard était allongé à même le bitume. Tous les véhicules passaient lentement à côté de cette scène d‘accident. Je passai tout proche du motard. Il ne bougeait pas. Des gens autour de lui tentaient de le maintenir éveillé. Les secours n’étaient pas encore là. Arrivé à sa hauteur, le hasard a fait que mon regard s’est posé sur sa cheville. Elle était dans un état tel que je n’ai pu retenir un cri, étouffé par mon casque. J’ai cru que j’allais tourner de l’œil. Je devinais que sa cheville n’était pas la seule partie de son corps abîmée par le choc et la chute. J’ai préféré détourner le regard.

Je pourrais conclure en disant qu’il faut faire attention, que conduire un deux roues, c’est dangereux, etc… Mais ça, on le sait déjà et ce serait un peu démago de finir comme ça. Non, je conclurais en disant simplement que si j’ai déjà eu des frayeurs plus ou moins grandes sur la route, là, j’ai eu peur.

Les tribulations d'un Francilien en Ile de France - 2e partie

Seulement voilà, conduire un deux roues, c’est pas inné. Du moins, pas chez moi. Il y a un peu moins d’un an donc, je me rendis chez Piaggio tel un chevalier fermement décidé à en repartir avec ma monture. J’entre donc chez le concessionnaire et soudain, je le vois, il est là, devant moi, mon futur scooter 125. Whaaaaa… la classe internationale…

Quelques jours plus tard et le compte en banque troué, affublé d’un casque de Goldorak et de gants façon fulguropoings, je sors du magasin et je m’apprête à monter mon tout nouveau cheval à moteur. Fort d’une expérience de conduite d’un scooter 50 cm3 d’au moins dix minutes, il y a plus de dix ans (lorsque j’étais adolescent, plein d’hormones aux taux fluctuants et trois poils au menton), je me dirige d’un pas leste et assuré vers ma nouvelle acquisition motorisée. Mais c’est lorsque je m’apprête à démarrer pour la première fois que je me trouve confronté à ce qu’on appelle un grand moment de solitude. Le vendeur est à côté de moi et me regarde partir. Ou tout du moins essayer. D’abord, j’arrive pas à faire descendre le scooter de sa béquille centrale. "Aaaah… c’est lourd quand même…" dis-je d’un ton faussement confiant. Tu m’étonnes, 170 kilos… t’as cru que c’était un solex ou quoi ?




Lorsque, enfin, j’arrive à poser les deux roues de la machine sur le bitume, je tourne doucement la poignée de l’accélérateur et, en zigzagant sur les 50 premiers mètres, j’arrive à partir. Et je pars surtout sans me retourner pour ne pas risquer de croiser le regard du vendeur qui, encore aujourd’hui, doit en rire.

Le preux chevalier que je croyais être s’avère être plutôt un motocycliste qui aurait dû se cantonner à la pratique du tricycle. Mais je n’ai pas le choix, la machine avance avec moi dessus, donc, faut que je me pousse à la maîtriser d’urgence, d’autant que, à 100 mètres devant moi, comme me narguant de son regard fourbe et semblant me dire "tu vas te vautrer mon garçon…", trône un panneau "STOP".

Mon premier arrêt aura été aussi ridiculement épique que mon premier démarrage. Arrivé à une vitesse insuffisante pour maintenir l’équilibre de la machine infernale, il faut que je pose le pied à terre. Mais en sortant ma jambe, et sans que je ne lui ai rien demandé, ce p***ain de scooter n’a d’autre idée que de suivre mon mouvement et donc, de commencer à tomber et à m’entraîner dans sa chute. Rassure-toi, je ne suis pas tombé et le scooter non plus. J’ai préféré sacrifier un tendon à l’intérieur de ma jambe, qui s’est déchiré lorsque j’ai retenu les 170 kg de la bête ajoutés aux 70 miens. J’ai passé les trente minutes suivantes à rouler dans une ville que je connais par cœur… et heureusement d’ailleurs : j’ai pu éviter quasiment tous les arrêts obligatoires.

Cet épisode derrière moi et après un peu de pratique, j’ai pu, enfin, commencer à goûter aux plaisirs du deux roues. Effectivement, les bouchons et les problèmes de stationnement à Paris ne me concernaient plus. Néanmoins, le temps que je commence à me familiariser avec ma monture motorisée, l’hiver s’était bien installé : à 110 km/heure sur l’autoroute, quand il fait –5°C, ça te donnerait presque envie d’aller en Laponie pour te réchauffer. Sans parler de la pluie… cette fourbe pluie qui n’a pas de meilleure idée que de traverser et tremper absolument TOUS mes vêtements avant d’arriver au bureau. Mais je prends mon mal en patience en me disant que la météo printanière sera plus clémente et que ces conditions de conduite hivernales sont un bon exercice...

Arrivent donc le printemps puis l’été. Je peux enfin retirer les deux pantalons sous mon jean et profiter pleinement des joies du deux roues. Mais très rapidement, je me suis rendu compte que rouler la visière ouverte pour sentir la brise sur mon visage est digne d’une épreuve de Fort Boyard. A partir d’une certaine vitesse (et cette vitesse arrive vite…), les seules choses que je sens sur mon visage, c’est le vent qui vient assécher mes yeux, la crasse des pots d’échappement qui obstrue tous les pores de ma peau et les multiples insectes volants qui, malgré mes incessants coups de klaxon pour les avertir de mon arrivée, viennent s’écraser sur mon visage (quand ils ne rentrent pas dans mes narines ou quand je ne les avale pas…). Résultat, si en hiver je me transforme en iceberg, je suis dans le sauna de mon casque l’été.

Suite et fin des tribulations au prochain épisode.

23 juil. 2008

Les tribulations d'un Francilien en Ile de France - 1ère partie

Comme de nombreux Franciliens qui n’habitent pas la capitale (faute de moyens financiers pour vivre dans autre chose qu’une cage à lapin de 12 m2), comme moi, tu t’es posé la question de savoir comment te rendre à ton travail. Plusieurs options se présentaient à toi:
- faire comme Hiro (un personnage de Heroes pour ceux qui connaissent pas) et courber l’espace-temps
- voler le tapis volant d’Aladin
- utiliser une catapulte super puissante
- ne pas aller travailler
- prendre la voiture
- utiliser les transports en commun

Comme moi, tu as lu la Critique de la Raison Pure de ce cher Kant pour qui l’espace et le temps sont des formes a priori de la sensibilité (je te renvoie au chapitre l'Esthétique Transcendantale). Aussi, comme moi, tu penses qu’Hiro est un imposteur. Etant donné que la catapulte est un moyen de locomotion beaucoup trop imprécis quant au lieu d’arrivée et qu’Aladin ne veut pas prêter son tapis volant (Ah l'radin ! ok, c'est nul...), il ne restait donc que les trois dernières solutions.

Il est clair que ne pas aller travailler aurait pu être une excellente solution à bon nombre de soucis, notamment celui du transport. Néanmoins, ton banquier, ce rabat-joie de première, n’était pas franchement de cet avis. Il ne te restait donc que les deux dernières solutions.

Mais elle ne furent pas convaincantes non plus, puisque, très rapidement, tu as pu te rendre compte que tu n’es pas le seul à avoir eu ces deux idées-là. La vitesse moyenne en voiture excédant rarement les 10 km/heure en période de pointe, il n’est pas rare de perdre deux heures de ton précieux temps le matin (qui auraient pu être deux heures de sommeil supplémentaire !! non mais quel gâchis…) pour se rendre 20 km plus loin : là où tu n’as pas forcément envie d’être.

Reste donc la solution des transports en commun. Mais là aussi, la nervosité et l’agacement lié à la promiscuité avec tes compagnons d’infortune ont eu raison de toi et, au fur et à mesure des jours où tu prends ce foutu RER (qui n’est jamais à l’heure soit dit en passant), des crocs ont commencé à pousser sur ta mâchoire, tes oreilles ont changé de forme pour devenir petites et pointues et des poils ras ont poussé un peu partout sur ton corps…



Fort de ce constat d’échec, il ne te restait qu’à prendre ton mal en patience ou à devenir carnivore. Mais c’était sans compter sur cette idée lumineuse que j’ai eue il y a un peu moins d’un an : passer au deux roues. A moi les balades dans la capitale le vent sur le visage ! A moi la liberté de me faufiler entre les voitures dans les bouchons ! Finis les soucis de stationnement ! La route allait m’appartenir !

J'allais très rapidement déchanter...

Suite des tribulations au prochain épisode.

22 juil. 2008

Quand ta meuf est une boooooombe (à prononcer avec un chat dans la gorge)

Dans un monde où l’apparence est devenue une valeur, façon, "Ah mais j’vous l’dis tout net ma bonn’dame, d’not’temps, c’tait pô pareil, mais alors aujourd’hui, les jeunes y respectent pu rien…j’vous remets un peu d’rosbeef ? où alors du filet mignon ?".
- dans un monde où pour une chemise mal rentrée dans le pantalon, on te recale à un entretien ;
- dans un monde où un malheureux bouton d’acné te fait passer pour un malade atteint de la peste bubonique si bien qu’on te poursuit avec des torches enflammées au gasoil ;
- dans un monde où un morceau de salade coincé entre les dents fait de toi une bête de foire qu’on montre du doigt en s’esclaffant ;
- dans un monde où cette ravissante et mignonnette ceinture adipeuse naissante gonflée au nutella, à la bière et au confit de canard, qui s’accroche à ta tablette de chocolat (fondue pour le coup…) comme un clandestin s’accroche à l’espoir de traverser la frontière, dans ce monde où ce petit bout de gras de rien du tout donc, te fait passer pour un monstroplante face aux sculpturaux hommes bodybuildés des pubs de parfum ou celles des slips Dim ;
Bref, dans ce monde impitoyaaaaableu, l’apparence physique a pris une importance capitale. Aussi chacun y va de son artifice pour corriger les petits défauts de son apparence.

Seulement voilà, la nature étant loin d’avoir le sens du partage équitable, pour certains, le scalpel serait parfois plus utile que le gel Dop fixation béton. Pour moi par exemple, le gel est de plus en plus superflu. Non pas que j’aie le physique ingrat, mais c’est que j’ai le cheveu en plein exode.

Mais venons-en aux faits. Alors, je sais, le titre fait très banlieusard, mais après tout, j’habite en banlieue, il n’est donc pas surprenant que j’en adopte parfois le langage. "Nique sa race !". (Voilà, ça… c’est fait). Donc, mon problème est que, n’étant pas un Apollon (bien que bourré de charme… hé hé hé... hem...), je dois redoubler d’efforts pour satisfaire celle qui est unique, ma si douce et tendre, la reine de mon cœur : ma chérie (je sais que nombre d’entre vous mesdemoiselles seront déçues d’apprendre que mon cœur est pris…). Car en effet, si j’ai du boulot pour soigner mon apparence, elle, son naturel suffit amplement. Elle a de la grâce dans chacun de ses gestes, le charme dans tous ses regards, des yeux et un sourire à tomber par terre, un corps sublime, etc, etc…

Mais, si je nage en plein bonheur, et que je suis on ne peut plus fier lorsqu’elle est à mes côtés (limite, j’me pavane…) la contre partie à tout cela c’est que mes efforts pour compenser ma non-apollonéité (ou mon non-apollonisme, comme tu veux) ont intérêt à être puissants. A chaque instant elle peut être sollicitée par un prétendant… Non que je sois en train de sombrer dans la paranoïa, mais tel Ulysse qui part guerroyer, faut que j’abandonne Pénélope pour aller bosser. Et pour filer la métaphore, comme Pénélope tissait sa tapisserie tel un exemple de fidélité, je lui accorde toute ma confiance. N’empêche, ma Pénélope aussi elle en a des prétendants !

Aussi, comme le fennec du désert, suis-je aux aguets. Je surveille le prédateur et si ce dernier entre dans un périmètre trop restreint autour de ma belle, je sors mon sabre laser et, avec l’agilité d’un chevalier Jedi, je le découpe net. Ce qui me flatte, c’est que si je suis un chevalier Jedi quand un bellâtre s’approche de trop près, ma Pénélope sait aussi se faire Princesse Leia et atomiser la première minette qui ondule devant moi. Aaahh !! Qu’est-ce qu’elle est jalouse ma Pénélope…

Euh..

Mais… mais…

Hem... hem...

Ah ben voilà…

Voilà, c’est en écrivant ces mots que tu découvres en même temps que moi l’inconvénient (c’est le seul que je connaisse) à ce que ta Pénélope soit une bombe : ça rend jaloux…

16 juil. 2008

Je ne suis pas en vacances !!


La preuve...

Je te prépare de nouveaux messages pour très bientôt.

8 juil. 2008

La nouvelle

Le recrutement est une opération délicate : réussir, grâce à un CV et quelques entretiens, à savoir si la personne qu’on a en face de soi aura le bon profil et remplira correctement les missions qu’on lui confie. C’est le pari que ZBBB et Big Boss ont fait en recrutant la nouvelle. Ceci dit, le risque n’est pas trop grand puisque, pendant 6 mois, elle aura le merveilleux et confortable statut de stagiaire, tu sais, cette palpitante période où tu travailles comme un taré pour faire tes preuves comme ils disent, mais où t’es payé avec un lance pierre.

Pendant cette période, tu rames façon galérien et tu ramasses donc les quelques euros qu’on te balance gentiment. D’ailleurs, ça s’appelle une indemnité de stage, et pas un salaire, et c’est pas anodin. En général, tu reçois une indemnité quand on te cause du tort. Ben là, c’est pareil, on t’exploite, alors on t’indemnise.

Bref, depuis hier donc, en face de mon bureau (de manière provisoire bien entendu, j’ai besoin d’espace vital moi !!), une stagiaire fraîchement sortie de l’école travaille. Je devrais d’ailleurs plutôt dire, "trime". Parce que, en bon tortionnaire que je deviens, je lui ai filé une mission du genre de celles que tu évites consciencieusement depuis ton arrivée dans la boîte…

Elle est arrivée à 10h pétantes avec la ponctualité du bon élève. Je lui explique brièvement comment on fonctionne, les fichiers clients tout ça tout ça, persuadé que la quantité d’informations que j’envoie à son cerveau sera perdue à 90 %. Mais ça fait partie des rituels paraît-il. Quoi qu’il en soit, elle a l’air de s’en sortir et elle est pas cruche. Ca me rassure un peu, parce qu’entre nous, me retrouver à travailler avec Boulet bis m’aurait envoyé tout droit chez le psy… ou en prison… ou les deux peut-être…

Mais arrive Boulet, venu tout spécialement aujourd’hui pour participer au repas de bienvenu. Moi qui me réjouissais de ne pas voir sa tête de primate ahuri

(comme son regard respire l’intelligence !!!…), ben, là, c’était raté. Et juste avant le déjeuner donc, je le vois arriver sur ses grands chevaux, deux énormes sabots aux pieds, prêt à plonger dans le plat (je sais, ça fait beaucoup…). Il gonfle le torse comme un coq dans une basse cour, prend sa grosse voix d’homme sérieux et fait semblant de s’intéresser à la nouvelle. Oui, je dis bien "semblant", et je ne dis pas ça par méchanceté. Parce que le but de sa démarche n’est finalement pas de savoir quelles études a fait la nouvelle, mais de placer qu’à côté de la boîte, il est thésard, qu’il est chargé de cours (je plains ses étudiants…s’il en a encore…), façon, "j’vais t’apprendre la vie petite".

A ce moment précis, je préfère m’écarter de peur d’avoir un mouvement brusque de la main façon calotte derrière la tête (si tu regardes NCIS, j’te jure, y’a des fois, j’adorerais être Gibbs…) et je le laisse faire son numéro, juste histoire de voir combien de temps la nouvelle tiendra. Mais elle tient bon et ne se laisse pas faire. Au contraire, dès qu’on lui parle d’un truc qu’elle connaît, elle se transforme en pie, et je me demande si elle écoute vraiment les réponses qu’on lui donne. Bon, aller, pour cette fois, je lui accorde le bénéfice du doute, on verra bien par la suite.

Quoi qu’il en soit, Boulet se retrouve un peu couillon (au sens propre du terme), ses effets de manche et de grosse voix provoquant chez la nouvelle autant d’enthousiasme qu’un diabolo-grenadine devant un ivrogne. Mais je reste néanmoins sur mes gardes, le côté pie qui jacasse de la nouvelle pourrait grignoter le peu de patience que j’ai le matin (bon ok… l’après midi aussi), et rien n’est gagné d’avance. Mais toute la question est de savoir combien de temps je résisterai avant de manifester devant elle l'irrésistible envie que j'ai de mettre la tête de Boulet au fond de la cuvette des toilettes... Affaire à suivre donc…

7 juil. 2008

La réunion "Pour faire le point" - Episode 3

Bien évidemment, nous partons déjeuner tous ensemble. Comme si on ne pouvait pas faire une pause pendant la séance de lapidation… Bref, je descends un peu avant tout le monde histoire de souffler quelques secondes, mais Boulet me rattrape bien vite. Je le vois encore avec son regard suffisant, jouissant de ce petit moment de gloire, jouissant encore de ce moment où il a vu ZBBB et Big Boss m’enfoncer sans raison. Heureusement pour lui, je ne me balade jamais avec un compas : je me serais fait un plaisir de lui tracer des cercles dans les yeux.

C’est donc l’âme pleine de poésie que je pars manger avec tout le monde. Autant dire que j’avais pas très faim. Et comme il y a avait le RDV de Big Boss avec nous au restau, j’avais le sourire un tantinet forcé.

De retour au bureau, la reprise de l’audience n’allait pas tarder. Avant de rentrer dans le box des accusés, je réponds quand même à quelques demandes de clients, parce que je garde malgré tout une certaine conscience professionnelle, et que les clients n’y sont pour rien (quoique…)

Je pourrais avoir des menottes aux poignets et deux flics autour de moi lorsque j’entre dans la salle de réunion que je ne me sentirais pas pire. Tel un esclave qui s’attend à recevoir ses cent coups de fouet, je me tourne vers ZBBB qui demande à prendre la parole. Et là, comme touchée par la grâce divine, elle m’exprime toute sa reconnaissance, la voix presque sanglotante, en me disant que, si les résultats ne sont pas extra, elle sait que je fais mon maximum. Big Boss en acquiesçant ne manque pas de signifier à l’assemblée combien Saperlipopette est une lâcheuse.

J’aurais voulu répondre à ce moment et défendre Saperlipopette mais ZBBB me coupa la parole en répétant encore combien ils sont contents de moi. Ah… tu le sens le boomerang de ta suffisance te revenir dans les dents Boulet ? Avec toute la discrétion du monde, au plus profond de mon for intérieur, je jubile. Alors, c’est qui le boss ? C’est qui la référence ? C’EST GROUIK !! La réunion s’enchaîne sur la refonte du site internet (que je gère évidemment, parce que je gère plein de trucs…) et là, comme une cerise sur le gâteau, Boulet se tourne vers moi et me demande de le commander !! Il me demande ouvertement que je lui donne des ordres ! Moi Grouik !!! Je vais donner des ordres à Boulet ! Mais t’imagines même pas comment je vais être un véritable tortionnaire et comment je vais retirer, moi et moi seul, toute la gloire de ton travail !!!! Mouhahahahahaha (rire démoniaque…)

Après m’être violemment pincé la jambe pour être sûr que je ne ronflais pas sur mon bureau, ZBBB se tourne vers moi et me confirme que je suis bel et bien chef, et qu’elle et Big Boss comptent sur moi pour diriger la nouvelle qui arrive lundi (j’te raconterai, Boulet a encore été magistral..). C'est à peine si je m'en remets...

Désolé de remettre ça sur le tapis, mais un chef ça gagne plus qu’un simple employé non ? Ca sent la négo à plein nez cette histoire !!! gniark ginark gniark !!!

3 juil. 2008

La réunion "Pour faire le point" - Episode 2

Mais c’est juste après que, finalement, je devins totalement manchot. Ze Big Boss Bis (pour aller plus vite, je la nommerai pas ses initiales : ZBBB) prit la parole pour dire que les résultats sont catastrophiques depuis le mois de mars, soit, deux mois avant le départ de Saperlipopette. Je commence à trembler, des gouttes de sueur glacée perlent dans mon dos et je me sens un peu comme Coyote, coupé dans son élan pour attraper Bip Bip…



Avec ce sentiment si joliment qualifié par Rimbaud "Anywhere out of the world", je me sens autant à l’aise dans mes baskets que sur un tapis de Fakir et je me dis que là, ça craint, je vais me prendre un tel savon que dans une semaine, je mousse encore. Je commence alors à réfléchir à une bonne raison à cette baisse des résultats ("les clients sont atteints de peste bubonique" …non…pas assez crédible… "mon chien a mangé les devis qu’on avait envoyés"… non… j’ai pas de chien…pfff… j’suis dans la merde là…), mais sans succès. Parce que, si la baisse n’est pas liée au départ de Saperlipopette (que je salue au passage), à quoi est-elle liée ? Hein ? Franchement ? à quoi ? Telle est la question !! (je maintiens le suspense…). Et dans un élan (ou un caribou… ok… je sors) de justification ZBBB va chercher les chiffres exacts.

C’est à ce moment que nous entrons dans la quatrième dimension. En fait, les résultats étaient tout à fait bons en mars et en avril, et ZBBB le reconnaissant volontiers, avec les ponts, c’est normal que mai ne soit pas bon. Reste juste le mois de juin. "Mais alors, c’est bien le départ de Saperlipopette qui a fait que les résultats ne sont pas bons !! C’est pas de ma faute !! Moi qui aie sué corps et âme pour faire cracher ces salauds de clients !! Mais je pouvais pas faire de miracles non plus !" Me dis-je naïvement. ET BIEN NON !! Les résultats aux yeux de ZBBB et de Big Boss sont mauvais et c’est de ma faute !

Le gong sonne à cet instant précis : c’est l’heure de déjeuner. Tel un procès au tribunal, la réunion est ajournée…

L'épilogue (ou le jugement dernier, comme tu veux...) au prochain épisode.

La réunion "Pour faire le point" - Episode 1

Bon ben voilà, je te préparais gentiment une leçon de "comment améliorer tes conditions de travail" mais un événement inattendu s’est produit. Enfin... inattendu... pas tant que ça en fait, puisque c’était prévu sur le calendrier de chacun. Disons que c’est le déroulement qui m’a… euh… surpris. Comme c’est une longue histoire et que j’ai envie de te la jouer façon feuilleton, je te narrerai tout ça en plusieurs épisodes (à vrai dire, je ne sais pas encore combien…)

Tout commença un jour d’hiver il y a plus de 27 ans : je naquis en banlieue parisienne. Arrivé prématurément, je fis un séjour d’un mois en couveuse accompagné d’une jaunisse carabinée et le crâne façon conehead, la sage femme ayant eu l’excellente idée de me sortir du cocon maternel comme on débouche un WC : à la ventouse…



Heu… hem… bon, ok, je vais accélérer…

Hier donc, la réunion, dite "pour faire le point" était prévue à 11h pétantes. "Soyez pas en retard !" qu’ils disaient. D’une part, faire venir le Big Boss à 11h, ça relève du miracle, et d’autre part, le "pour faire le point", c’est en général synonyme de "on va se fixer des objectifs qu’on pourra jamais tenir, sauf si Dieu intervient". Je crois pas en Dieu, donc autant dire que je reste assez perplexe sur notre capacité à tenir lesdits objectifs. Mais bon, disons que ça permet néanmoins de savoir où on va et que tout le monde soit au courant.

La réunion commence comme d’habitude : on fait un point sur les albums à sortir (je rappelle, encore une fois, que je travaille dans l’industrie musicale et moribonde). Petit point positif : les projets que je suis ardemment depuis quelques temps vont enfin voir le jour. De toutes manières, on n’a pas le choix, ce sont les seuls qui sont prêts.

Arrive ensuite le moment fatidique du compte-rendu de l’exploitation (en gros, mon boulot). Je te rappelle encore (si tu n’as pas été attentif) que ma très chère collègue (appelons-la Saperlipopette… je sais, c’est ridicule, mais j’aime bien… et c’est affectueux) a démissionné il y a deux mois de cela et que donc, depuis le début du mois de mai, je dois remplir les caisses de la boîte comme si j‘étais deux. Comme je n’aurais pas de prime pour don d’ubiquité, autant dire que la mission sera dure à remplir, et ce, d’autant plus, que le mois de mai est réputé période de vache maigre. De fait, la vache est décédée pendant les ponts.

Ainsi donc je commence le rapport, et j’y vais de mon petit laïus façon "je me suis concentré uniquement sur l’exploitation, laissant de côté tout le reste" ou encore "les clients sont insatiables !!! faut vraiment prendre du temps avec eux" etc, etc… prenant ainsi les devants sur d’éventuels reproches. Mais, tel l’Everest surplombant l’Himalaya, je conserve mon aplomb, persuadé que chacun pense que je fais mon maximum, voire un peu plus.

C’est à ce moment-là que mes bras commencent à tomber : le Big Boss, fraîchement revenu de Suisse avec Boulet pour du démarchage commercial, m’indique que "c’est important d’aller voir les clients", que "c’est comme ça qu’il faut faire pour les accrocher", et que "désormais, faut vraiment mettre ça en place" … euh… comment te dire cher Big Boss que ça fait juste quatre ans que je le fais... Et dois-je te rappeler que les clients français n’ont pas le même comportement que tes clients suisses ? (pour la petite histoire, la dernière fois que j’avais un RDV avec un client, il ne me manquait que la moutarde pour déguster le lapin que j’avais pris dans la figure). Et puis, quand je vais voir un client, pendant ce temps-là, je ne m’occupe pas de ceux qui m’ont envoyé des mails auxquels il faut que je réponde dans la minute… donc, aller voir les clients, c’est bien, mais faut avoir un peu de temps pour leur répondre et, soyons terre-à-terre, ramener des thunes !!

Suite au prochain épisode.

1 juil. 2008

Ca fait joli...

J'ai lu quelque part que pour te contenter mon cher lecteur assidu, il faut parfois égayer la page de quelques illustrations colorées. Voilà donc un gribouillage de bureau.

Ca s'appelle : Broie du noir. Mais c'est un dessin en couleur.

Histoire de se finir

Finalement, j'ai quand même le réconfort d'avoir un bureau à moi tout seul et un peu isolé du reste de l'équipe. Au moins, je suis pas obligé de sourire et de faire semblant.


Aller tiens, je m'achève avec Aaron.


Vivement ce soir que j'aille me coucher.

La journée sera longue

Quelques indices :

- je vérifie que je n'ai pas de nouveau mail sur ma boîte perso toutes les deux minutes
- j'écoute Kwoon, Radiohead, Archive ou encore The Notwist. Bref, que des trucs qui paralysent les zygomatiques
- mon cafard d'il y a quelques jours a muté : c'est devenu un bourdon
- j'ai pas encore fini le tri dans les 170 spams que j'ai reçus dans la nuit
- je compte les minutes entre les pauses café
- mon temps de concentration n'excède pas les 42 secondes

A quand les congés maladie pour cause de démotivation absolue ?