23 sept. 2008

Célèbre Academy

Dimanche soir dernier, le regard aussi vif que celui d’un bigorneau, aux alentours de 23h30, je musclais mon pouce en actionnant les petits boutons de ma zapette. Et pendant mes pérégrinations télévisuelles, je tombai sur TF1. Je sais, TF1, dimanche soir, deuxième partie de soirée, c’est moche. La déchéance n’est pas loin. Mais, une fois n’est pas coutume, Steven Seagal et Chuck Norris avaient laissé leur place à un documentaire sur Annie Girardot, et notamment sur sa maladie. Je précise si tu n’es pas au courant qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer (c’est qui ce Al ? ok, je sors…)

Bien qu’ayant rapidement repris mon exercice de musculation du pouce pour me retrouver face à je ne sais quelle série ou téléfilm américain, j’ai trouvé ce documentaire franchement voyeur et à la limite de l’irrespectueux. Mais il m’a fait m’interroger (c’est déjà ça me diras-tu). Je me suis posé une question devant laquelle mon esprit s’est trouvé comme Robinson Crusoe face à l’immensité marine autour de son île : désemparé. Cette question, qui, je le confesse…

…ça m’a toujours fait rire ce mot : "confesse". Y’a des mots comme ça, c’est comme "suspect" ou "concupiscent"… bon, bref…

Cette question donc, taraude encore mon entendement. Avec la naïveté d’un militant UMP qui croit encore que Nicolas Sarkozy va sauver la France, je me suis demandé pourquoi ce documentaire s’attachait tant à la maladie de la comédienne. Parce que c’est vrai ça, il y a tellement d’autres choses à dire sur elle et sa carrière que, finalement, sa maladie la rendait tristement banale. Mais si le sujet du documentaire était Alzheimer, pourquoi s’étendre sur elle plutôt que sur une autre personne malade ?

Mais la réponse était pourtant simple. C’est parce qu’elle est célèbre que sa maladie est exceptionnelle. C’est l’adage des stars que d’avoir une vie exceptionnelle. Et dans certains cas extrêmes, le moindre petit détail, du chewing gum (mâché bien sûr) bi-goût melon/brocolis, au dernier morceau de papier toilette utilisé, devient tel le saint suaire.. Z’ont d’la chance les stars… Mais du coup, quand moi je serai atteint par ce Al ou quand j'irai me garer au parking "sonne" (bon.. ok, c'est super nul) ou encore quand je ferai caca mou, qui s’en souciera ?

J’ai donc décidé de prendre les choses en main. I WANNA BE FAMOUS !! (le "I wanna be your dog", je le garde pour ma Brune). Tu m’appelleras désormais Sir Grouik (j’trouve ça vachement plus classe). Et attention aux fautes d’orthographe : si "Sir" et "sœur" se prononcent sensiblement de la même manière, je t’atomise si tu te trompes.

‘’tain… Sir Grouik… ça pète ! Si avec un nom pareil je deviens pas famous moi…

18 sept. 2008

Parenthèse rétrospective à la scène qui précède

Je précise, la scène avec la coiffeuse n’a A.B.S.O.L.U.M.E.N.T. rien de sexuel et ce, même si la personne qui me masse le crâne à ce moment-là est du sexe opposé et que son décolleté est "plongeant" comme on dit. A aucun moment le caractère érotique de cette scène ne s’est révélé.

Je sais pas pourquoi, mais je te sens perplexe en lisant ces dernières lignes… Ah mais c’est dingue ça !!! Pourquoi un homme penserait-il toujours avec sa… bref, avec autre chose que sa tête ?!! Nan mais j’te jure…

Les plaisirs simples s'arrêtent toujours à un moment donné

Il y a des plaisirs simples dans la vie. Des plaisirs que nous, les hommes qui ne sont pas des hommes Mennen ni des mannequins bodybuildés Axe-mets-en-des-tonnes-pour-que-ça-cocotte-à-donf’, c’est-à-dire des hommes qui n’ont pas la vie de James Bond ni celle de Brad Pitt, bref, des plaisirs auxquels on a accès et, bien qu’on y prête pas attention, font pourtant partie du terreau de l’arbre d’une vie agréable.

Il y a bien sûr le bonheur quotidien que je partage avec ma Brune, ces moments simples, parfois intenses, etc… mais je ne suis pas là pour te raconter mon intimité espèce de gros dégueulasse. Il y a aussi les joies des petites et grandes victoires au bureau, comme cet énorme contrat que je viens de décrocher aujourd’hui même, ou simplement le fait d’entendre Boulet, Nouvelle, ZBBB ou Big Boss me dire "Ah oui, tu as raison"… évidemment que j’ai raison. J’ai TOUJOURS raison.

Non ce sont ces petits plaisirs simples comme une vieille dame qui t’est infiniment reconnaissante pour lui avoir tenu la porte (ceci dit, un autre plaisir aurait été de lâcher la porte au dernier moment juste pour tester la résistance de ses vieux os sur du verre… mais bon). Et non, je ne suis pas (encore) fleur bleue aujourd’hui, alors me traite pas de vioque, de vieux con, ou que sais-je encore, sinon je te montre à quel point je suis jeune, vigoureux, plein de foutre et d’hormone, à coup de pied au cul.

Bref, j’en viens à ce que je voulais partager avec toi (parce que je suis AUSSI généreux…) :
- "Bonjour, j’ai rendez-vous à 13h30
- Oui, installez vous"
Je m’installe après avoir enfilé la camisole en soie (tu sais, la chemise ultra grande que tu enfiles à l’envers)
- "Ca va ? la température de l’eau vous convient-elle ?
- oui, c’est parfait, merci".
Et là, je pense : "Whaaaaaaa… le massage de la tête avec la mousse dans les cheveux…Surtout, t’arrête pas !!"

Comme visiblement, le salon ne déborde pas de clients (mise à part une vielle se faisant chauffer la choucroute avec le casque de cosmonaute), la coiffeuse prend son temps. Arrive le moment du rinçage. "Pourvu que le shampoing ne soit pas un deux-en-un !! Avec l’après shampoing, ça me fera une deuxième séance de malaxage du cuir chevelu."

Malheureusement, c’était un deux-en-un. Mouais…Ca annonçait la fin du massage et le retour à la dure réalité. Et quel retour ! Un tête-à-tête avec moi-même. J’ai horreur de ça. Pourquoi chez le coiffeur te met-on systématiquement devant un miroir ?? Avec ma tête de chien qui chie devant moi, ça me donne surtout envie de m’enfuir en courant. Surtout qu’en plus, la coiffeuse, elle s’en sert pas du miroir !!! Pfff…. C’est loooonng !!!

- "C’est assez court comme ça ?
- oui oui, c’est parfait merci."

J’avoue, j’ai même pas regardé…

Finalement, je me dis que c’est pas une mauvaise chose que mes cheveux aient envie de se faire la malle. Ok, j’aurais plus de massage du crâne avec la mousse et tout et tout, mais au moins, ça m’évitera le combat de regard avec moi-même : je perds à chaque fois.

Bon là, j’ai les cheveux coupés. C’est déjà ça.

17 sept. 2008

Compensations

Pour modérer le message précédent, je tenais à dire qu'il y avait, parfois, des petites compensations qui sont comme autant de victoires dans cette lutte éternelle contre le désenchantement. J'ai reçu un mail de remerciement d'une cliente me disant, je cite : "Merci pour le boulot et la réactivité de ton équipe.". Ah ah ah !!! la réactivité de MON équipe. Mon équipe que JE dirige, mes subordonnés, mes sujets, mes ESCLAAAAAVES !!!

... hem...

Bref... des fois, ça fait plaisir...

Variateur d'humeur

Il ne m’aura donc fallu pas très longtemps pour retrouver mon amabilité légendaire, celle qui fait qu’en général lorsqu’on me demande quelque chose avant 15 h du matin (merci Proctor pour cette fabuleuse expression), les sons que j’émets ressemblent à peu près à ceux d’un grizzly qui sort de son hibernation, façon "ggrrrrmblmlelmemm ok j’te l’envoiemmfmgrrfait chiermmlblemm" (j’fais vachement bien le grizzly qui sort de son hibernation, je sais). Ça doit être ça la magie du travail. Ça te change un homme en ours.

Faut dire, entre les clients qui te demandent TOUS des trucs super longs à faire et TOUJOURS au dernier moment parce que c’est l’urgence (‘tain, ils peuvent pas prévoir ?!!) et le souci de traçabilité et de transparence de Nouvelle (non, je ne travaille pas dans la filière bovine…) qui fait qu’à chaque fois qu’elle accomplit une tâche, elle se sent obligée de TOUT te raconter en détail, forcément, moi, ça me fout le variateur d’humeur dans le rouge (ou plutôt dans le noir en l’occurrence).

Et puis, il y a la vente de l’appartement aussi. C’est incroyable le nombre de boulets qui se baladent. Mais là, lundi dernier, je crois que ma Brune et moi avons rencontré le champion du monde (faudrait l’inviter à un dîner lui…). Comme d’hab’, je fais mon agent immobilier lui vantant les mérites de cet appart’ sans travaux, tout beau tout grand, idéalement situé et tout le tralala. Mais visiblement, tous mes efforts étaient voués à l’échec.

Je n’ai pu m’en rendre compte que vers la fin de la visite où, ce charmant Monsieur accompagné de sa demoiselle, m’annonce qu’il ne sait pas s’il ne sera pas muté dans le sud très prochainement et que donc, il ne sait pas s’il va acheter un appartement dans le coin… "mais euh… aah ? bon…" (je sais, j’ai beaucoup de répartie). J’aurais voulu lui dire à ce gros naze sans gêne que quand on visite un appartement, c’est qu’on cherche à en acheter un. On n’y va pas pour dire que la déco est super sympa ou que chez Cora, si les prix sont pas chers, le SAV laisse à désirer. Mais qu’est-ce que je m’en cogne moi de Cora ??

Mais j’ai rien dit. On sait jamais. Enfin, là c’est vrai, on peut savoir. Mais il était tellement consternant que les mots m’ont manqué à ce moment.

Tiens, j'te propose un truc : t'achètes mon appart' et je pars en vacances, ok ?

15 sept. 2008

Séquence émotion

Faut se faire une raison, le réchauffement climatique, ben, c’est pas pour nous, Franciliens et Franciliennes. On nous parle de fonte des glaces, d’augmentation de la température tout ça tout ça, mais en attendant, nous, on se tape des étés londoniens où l’indice pluviométrique dépasse celui du Cambodge en période de mousson (sans parler d’une température moyenne avoisinant celle de Moscou en plein moi de décembre).

Sauf qu’il arrive encore, parfois, que le soleil jette son dévolu sur nos pauvres têtes et nous offre un moment de grâce en nous baignant dans ses rayons plein d’UV et de vitamine D. Mais si je te raconte tout ça mon cher ami, ce n’est pas pour postuler à la succession de ce talentueux Sébastien Follin. C’est simplement qu’hier, j’ai (re)découvert le plaisir simple d’une réunion entre amis/famille, barbecue, jardin, vin, gamins qui courent partout, le tout sous un ciel bleu de chez bleu. Tout ça fait un peu carte postale, j’en conviens. N’empêche, y’a des moments qui sont comme des instants où le temps s’arrête, juste par leur simplicité.

Je t’entends déjà te demander ce qui peut bien m’arriver à être cul cul la praline en ce lundi matin de septembre, à écrire un message digne d’une adolescente de 14 ans façon "Whaaa trop cool j’vous kiffe tout le monde avec mes copines, la vie elle est trop belle". Si effectivement je dois reconnaître que mon sens aigu de la mauvaise foi accompagné de ma perception hautement critique et sarcastique du monde m’a un peu abandonné ce matin, c’est parce qu’hier, en plus d’avoir passé un moment de bonheur simple entouré de ceux qui me sont chers (même s’ils n’étaient pas tous là… et oui, j’ai des amis, aussi surprenant que ça puisse paraître), mon esprit s’est élevé dans les hautes sphères de la sereine sagesse de mes quasi 30 ans (bon, ok, j’suis pas encore à 28… mais j’suis plus proche des 30 que des 20…).

Parce que oui, ces enfants qui jouaient tout autour de nous, ben, pour la plupart, ce sont les enfants de mes amis. Chacun observait du coin de l’œil ces petits bouts de choux qui cavalaient dans le jardin, le regard protecteur et bienveillant, prêt à intervenir au moindre danger. Et pour la première fois j’ai ressenti, au sens physique du terme, cette envie jusqu’alors simplement intellectualisée : j’ai envie que ma brune et moi soyons les fiers et heureux parents d’un p’tit bout d’chou qui gazouille, grandit et qui ne demande qu’à être choyé.

Tu peux prendre ça comme un coup de vieux, ou, à l’inverse, une régression totale façon adolescente "houuuuu qu’il est meugnon c’petit bonhomme, moi aussi j’veux ma poupée !!". N’empêche, si y’a encore quelques temps, l’un de mes rêves les plus secrets était de devenir rock star, j’aspire aujourd’hui à d’autres horizons.

‘tain, si le moi d’il y a quelques années voyait le moi d’aujourd’hui, y m’aurait traité d’vieux con. Pfff… quel morveux celui-là…


Bon, promis, pour compenser et revenir dans le droit chemin de ma ligne éditoriale, je serai deux fois plus de mauvaise foi que d’habitude dans ma prochaine note.

8 sept. 2008

A la bourre

…et la tête dans le guidon. Faut dire, cette rentrée se passe un peu sur les chapeaux de roues (quelle drôle d’expression quand on y pense… qui aurait idée de mettre un chapeau sur une roue… d’ailleurs, elle est où la tête de la roue ?). Les clients sont rentrés de vacances, et on le sait !! Ils sont plus exigeants qu’avant leurs congés. A croire que l’été… enfin… l’été… façon de parler, vu la flotte qu’on s’est pris sur le coin de la figure… bref, à croire qu’aller s’entasser sur des plages bondées, sales et bruyantes ne les a pas détendus. Non vraiment, j’comprends pas…

Mais du coup, on peut pas dire que l’assiduité soit ma principale qualité ici. J’suis même à la bourre sur mes lectures de la blogoshère… c’est dire… Et je peux même pas me rattraper à la maison vu que je passe le plus clair de mon temps à vouloir la vendre, ma maison. Et franchement, les acquéreurs potentiels sont limites plus relou que mes clients. Jamais contents ceux-là !! Et les médias n’aident pas non plus. Ca parle limite récession. Et j’le vends comment mon appart’ moi ?!! Faut arrêter de miner le moral de mes acquéreurs ! Non mais...

Ceci dit, les visites à répétitions, ma brune et moi, ça nous a rendu imbattables sur le ménage express façon tout brille en 10 min chrono. Depuis le début des visites, j’l’ai jamais vu aussi nickel cet appart’. Pas un truc qui dépasse, pas une poussière, les murs et les sols sont nickels chrome, la cuisine (quasi neuve la cuisine d’ailleurs) irréprochable, la salle de bain impeccable, y’a plus qu’à poser ses valises.

Si avec ça y’a pas un acquéreur qui pointe le bout de son nez… parce qu’en plus, comme on est pressés, ben, on est prêts à baisser le prix !!!

Dis, mon cher lecteur…

… ça te dirait pas d’acheter un pur appart’ en région parisienne ?