Serait-ce ma naïveté, le regard d’éternel enfant que je porte sur le monde ou est-ce juste moi qui me pose des questions dont tout le monde à la réponse ?
Ecrire pour ne rien dire, c’est (souvent mon cas) comme si on n’écrivait sur rien. Or, écrire sur rien, ça revient au même que ne rien écrire, puisque, avant d’écrire et après avoir écrit, le monde reste inchangé, puisque rien n’a vraiment été écrit.
Voici donc le paradoxe : si j’écris sur rien, c’est comme si je n’écrivais rien du tout, mais si j’écris sur rien, j’écris malgré tout quelque chose, bien que ça ne soit rien du tout.
Donc, si je n’écris rien, j’écris quelque chose.
Et après ça on va dire que ce blog ne peut pas être reconnu d’utilité publique…
30 oct. 2008
L'absurde et moi #3
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Ca doit venir du carburateur...
- "Nan mais j’te jure, je sais pas ce qui se passe… je sais que c’est pas la première fois que ça m’arrive…mais t’inquiète pas, ça n’a rien à voir avec toi."
- "Ben oui, je sais, ça m’est arrivé tout récemment. Encore, au début, c’est normal, on prend ses repères,on est troublé par la nouveauté… mais là, je pensais pas que ça aurait pu me reprendre…"
- "Je sais pas trop à quoi c’est dû… le stress du boulot, de l’appart’, le froid aussi peut-être… C’est peut-être le changement d’heure… Ca n’a l’air de rien comme ça, un décalage d’une heure, mais tu sais, ça te fout en l’air une horloge biologique interne ces conneries-là."
- "Si ça se trouve, c’est même encore pire… on sait jamais, avec toutes ces ondes de portables qui nous traversent le cerveau, ou les ondes radios, ou qui sait, c’est peut-être une opération militaire ultra secrète qui cherche à me nuire !"
- "Bon, ok, j’en fais un peu trop, et j’ai finalement pas trop d’excuse… j’étais bien parti pourtant, j’comprends pas… Ca montait, ça montait, ça montait, et puis, tout d’un coup, paf ! plus rien."
- "Oui, je sais, ça nous arrive à tous un jour ou l’autre. Mais c’est vachement gênant quand même ! C’est des coups à te foutre des complexes, qui se transforment en névrose, et tu te retrouves des années plus tard avec des T.O.C. ou que sais-je encore !! Et puis, savoir que je suis pas le seul, franchement, moi, ça me rassure pas du tout !"
- "Mais, même en gardant en tête que ce n’est pas une compétition ni une course à la performance, et que ça va s’arranger, qu’il faut se dire que c’est un échange, tout ça tout ça, moi ça me balance le moral dans un trou de chaussette et mon ego par la fenêtre. Ben oui quoi, je suis un homme ! Quoi de plus naturel en sommes ?" (pardon… j’ai pas pu m’empêcher…)
- "Heureusement que tu es là pour me soutenir dans les moments difficiles… et heureusement que tu me comprends sans me juger. Que ferais-je sans toi ? Bon, aller, on oublie tout ça et on fera mieux la prochaine fois."
Putain de panne d’inspiration…
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21 oct. 2008
L’absurde et moi #2
Serait-ce ma naïveté, le regard d’éternel enfant que je porte sur le monde ou est-ce juste moi qui me pose des questions dont tout le monde à la réponse ?
J’aurais pu appeler ça "une vive envie de vodka", mais comme j’ai pondu un "L'absurde et moi #1", fallait au moins un épisode 2 (qui sait si cette rubrique ne deviendra pas un jour une chronique mondialement célèbre…). Et puis "une vive envie de vodka" ça fonctionne mieux à l’oral qu’à l’écrit.
Tout ça pour dire que j’ai la motivation façon montagnes russes. Si hier j’étais en pleine ascension, je serais aujourd’hui plutôt en bas, tout en bas, limite encore en-dessous même. Serait-ce lié au silence radio absolu du téléphone et de la grise humidité du ciel… hmm...possible.
Mais tout ceci m’a conduit à une réflexion ô combien profonde que je te livre hic et nunc. Partant du postulat que j’écris parce que j’ai quelque chose à dire (que ce soit source de blogimat ou non n’a pas d’importance), j’en concluais que j’ai une vie bien remplie, ou du moins suffisamment pour y puiser nombre de sujets sur lesquels m’étendre. Néanmoins, une vie bien remplie est nécessairement chronophage (désolé pour ce néologisme, mais j’aime beaucoup ce mot), autrement dit, une vie bien remplie ne permet pas d’avoir le temps de tenir un blog. Or je constate que j’écris ici quand j’ai vraiment rien d’autre à faire, donc, lorsque ma journée est comme mon estomac en fin de journée : vide.
J’arrive donc au climax du paradoxe : j’écris parce que j’ai le temps d’écrire et grâce au fait que j’ai autre chose à faire qu’écrire ici. Donc, je n’ai pas le temps parce que j’ai le temps.
Y’a des fois je me dis que j’utilise vraiment mon cerveau pour des conneries moi…
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20 oct. 2008
Les remords sont les aphtes de l’esprit
Que se passe-t-il lorsqu’on mange du fromage qui pique ? On se retrouve la bouche infestée de ces agaçantes petites choses qui gâchent la journée et les repas : des aphtes. Que se passe-t-il lorsqu’on est mauvaise langue ? On se tape les aphtes au cerveau : les remords.
Si j'ai poussé l’analogie comme mémé dans les orties, c’est parce que je dois reconnaître que l’indéfectible perplexe que je suis s’est retrouvé bien con après avoir rédigé le dernier message ici. Une fois n’est pas coutume, j’ai eu tort.
Je sais que la lecture de cette dernière phrase risque de provoquer des crises d’hystérie collective, mais oui : j’ai failli. Et il est de mon devoir de l’avouer et de dévoiler au grand jour et aux dix lecteurs quotidiens (et vraisemblablement égarés) qui passent ici, mon erreur, ma faute, ma très grande faute.
Oui, je me mets à genoux devant toi (profites-en, ça arrivera pas tous les jours non plus), j’implore ton pardon, et j’avoue, la voix troublée par les sanglots de la honte : la réunion de la semaine dernière a été utile. Grâce à elle, aujourd’hui, j’aurai presque envie de travailler.
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16 oct. 2008
La réunionite, ou l’art de te faire détester une journée.
Jusqu’à présent, le jeudi était pour moi synonyme de journée bien remplie, mais également synonyme de bonne humeur, vu que c’est le dernier jour de ma semaine. Mais voilà, depuis l’arrivée de Nouvelle et de sa volonté de changer la face du monde du haut de ses 1m12 d’illusions et de détestable manie de croire qu’elle est toujours la première à avoir des idées, les choses ont un peu changé. A vrai dire, Nouvelle, dans son rôle d’employée modèle, réclame des réunions, des comptes-rendus, des rapports, des "pauses café réunion", des "déjeuners réunions", des "on-boit-un-coup-réunion", etc… toutes ces barbaries qui appartiennent au monde des multinationales, de Caméra Café et de mes pires cauchemars.
Notons au passage que la multinationale dans laquelle j’officie quatre jours par semaine est composée de cinq employés. Nombreux quoi… Mais ce vocabulaire des grandes entreprises a su flatter l’ego d’entrepreneur des hautes sphères patronales, si bien que désormais, deux réunions hebdomadaires sont prévues : la première entre Boulet, Nouvelle et moi et la seconde avec tout le monde. C’est vrai que j’avais plein temps à perdre…surtout pendant deux réunions qui ont lieu le même jour avec quasiment les mêmes personnes et donc, pour dire deux fois la même chose, à savoir pas grand’ chose. J’avais pourtant essayé d’émettre une pointe de réticence, que dis-je, un léger doute (mais vraiment à peine), sur la nécessité impérieuse de TOUT se dire en double, et du rapport que ça aura avec l’augmentation du chiffre d’affaire… non que je fasse du mauvais esprit, mais juste, comme ça, pour savoir…
Mais la réponse était là, devant moi, évidente, façon mais-comment-ai-je-pu-ne-pas-la-voir-pendant-toutes-ces-années !! Ce qu’il nous faut, c’est de la com-mu-ni-ca-tion. "Aaaaahhh!" me dis-je d’un ton lascif et songeur. Soit. Mais sachant que :
- une phrase sur deux de Boulet s’avère être une ineptie,
- Nouvelle parle toujours pour ne rien dire,
- Big Boss oublie ce qu’on vient de lui dire dans les trente secondes qui suivent
- Ze Big Boss Bis n’est jamais d’accord parce qu’elle veut toujours mettre son grain de sel,
sachant tout ça donc, comme le dit si bien l’adage, on n’est pas rendu !
En attendant, c’est ma productivité qui va en prendre un coup. Mon envie d’aller au travail le jeudi aussi d’ailleurs.
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14 oct. 2008
L’absurde et moi #1
Serait-ce ma naïveté, le regard d’éternel enfant que je porte sur le monde ou est-ce juste moi qui me pose des questions dont tout le monde à la réponse ?
L’arrosage automatique des espaces verts d’une ville c’est pratique. Ca doit sûrement permettre de faire des économies d’eau, et en même temps, on est sûr que les gazons seront toujours verts. Et puis, comme il paraît qu’il vaut mieux arroser les plantes le soir, ça évite aux employés municipaux de faire des heures sup’.
Mais quand même, y’a personne qui pourrait annuler l’arrosage automatique quand il pleut ?
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7 oct. 2008
Le fraudeur malgré lui
Depuis quelques jours, je suis comme Zorro sans Tornado, ma trottinette à moteur (mon scooter… je précise) étant en réparation. Je me retrouve donc malheureux pédibus de mon état, réduit à retrouver, non sans une absence totale de motivation, ce charmant RER, objet de culte pour un ado banlieusard pré pubère à la peau constellée qui découvre les premiers voyages vers la capitale, mais véritable vision d’horreur pour bon nombre de travailleurs exilés loin des fortifications du périphérique parisien. Faut quand même reconnaître que, si la Gare du Nord brasse à elle seule un million de voyageurs quotidiennement (rendons à César ce qui appartient à la SNCF /RATP), les joyeux usagers sont malgré tout la cible de grèves, retards et incidents en tous genres. Et je ne parlerai pas des désagréments inhérents aux transports en commun et à la promiscuité des voyageurs entre eux (odeurs, bruits, etc…).
Je ne veux pas faire mon démago ni mon snob, je reste quand même heureux qu’un tel système de transport en commun existe. Voilà, j’ai fait ma B.A.. Mais quand même, ce matin, c’était un peu gros. J’arrive donc à la gare RER, résigné à perdre une heure de mon temps en compagnie d’illustres inconnus aussi joyeux et souriants que des fans de black métal à un concert de Lorie. Et là, quelle ne fut pas ma surprise. Tous les guichets (et la gare par la même occasion) sont fermés. Je me dirige donc vers le distributeur automatique de titres de transports situé sur le quai. Car oui, c’est pas parce que ça me saoule de me taper le RER que je vais pas payer mon trajet. Non mais.
C’est à ce moment que je fis une découverte des plus troublantes. Ce n’est pas parce qu’un guichet est automatique, que l’automate n’est pas récalcitrant. Moi qui ai toujours pensé que c’étaient les guichetières de la SECU qui étaient réfractaires façon :
_ "Vous n’avez pas l’annexe 2 du formulaire AZ45-6B-44 bis ?
_ Mais puisque je vous dis qu’on ne me l’a jamais donnée !!
_ Ah mais sans ce document, je ne peux pas prendre en considération votre demande. Veuillez revenir la semaine prochaine pour nous faire une nouvelle demande de dossier."
Mais puisqu’ici, point de guichetière, j’en concluais que c’était la fonction elle-même de "guichet" qui transmettait sa réfraction au guichetier, automatique, ou pas. Je me retrouvai donc face à cette machine butée qui me répétait inlassablement "opération annulée" dès que j’eue tapé le code destination. Pour le dire plus simplement, pas moyen d’acheter un titre de transport.
Mon train pointant le bout de son nez, je me trouvai contraint et forcé à resquiller. Je l’attendais de pied ferme le contrôleur, prêt à lui faire comprendre que mon ego d’usager honnête s’en était trouvé blessé, et surtout prêt à ne pas payer l’amende que je risquais d’avoir. Mais point de contrôleur ce matin. En revanche, un dernier obstacle m’attendait : les portiques de sortie.
C’est en y pensant pendant mon trajet que je me suis dit : à chaque sport sa tenue. J’ai eu à peu près le même sentiment qu’en cours de sport au collège…un sentiment mêlant solitude et désarroi au moment où j’ouvrai mon sac à dos et que je constatai que mes baskets n’y étaient pas… j’avais dû faire une course de fond en Doc Martens…. Et comme aujourd’hui je suis pédibus, j’ai voulu me la jouer classe avec mon grand manteau long et mon sac en cuir en bandoulière qui, bien entendu, pèse trois tonnes. Et t’en vois beaucoup toi des mecs en costards qui sautent par-dessus les portiques ? Non, évidemment.
Quoi qu’il en soit, j’avais pas le choix, fallait que je franchisse le pas (et le portique). Arrivé sur le quai de ma gare de destination, je repérai l’usager honnête et muni de son titre de transport. Tel Nestor Burma, j'exécutais ma filature, tout en gardant mes distances pour ne pas éveiller de soupçons. Presque arrivé aux portiques de sortie, je m’approche de mon sauveur, je prends appui sur les côtés du portique pour enjamber ce dernier pendant que mon prédécesseur ouvre la porte. Comme je suis d’une discrétion pachydermique, mon prédécesseur m’a bien entendu remarqué et, dans un geste d’une grande gentillesse, il me tient la porte alors que je finis mon mouvement de resquilleur. Mais comme dirait l’autre : et soudain, c’est le drame. Mon sac se prend dans le portique freinant ainsi mon élan et mon enthousiasme de voir la sortie. Je te laisse imaginer la suite : je mets trois plombes pour me dépêtrer pendant qu’il me tient la porte le sourire aux lèvres. Enfin démêlé, j’ai fait semblant d’être en retard, l’air de rien. Enfin... surtout, l’air pressé.
Et tout ça à cause de quoi ? A cause d’un guichet automatique qui a fait un stage à la CPAM !
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6 oct. 2008
Repetitionnes comicus
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
...
Parce qu'avec la conjoncture actuelle n'est-ce pas (à prononcer avec un fort accent façon Paris 16e), le prix de l'immobilier risquerait de chuter comme mémé dans sa baignoire. Et que ben, en fait, ça m'arrange pas... Enfin... j'aime bien les pâtes aussi...
Aller, j't'en remets une p'tite couche :
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
Ca te dirait pas d'acheter mon appart' ?
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Pas de costard pour Nouvelle
Je ne reviendrai pas sur mon manque cruel d’assiduité ici, mon irrégularité étant liée aux fluctuations nec mergitur de mon emploi du temps de ministre, même si je dois aussi reconnaître que, parfois, l’inspiration me fait défaut (cf. mon dernier message…).
De retour de mon WE de trois jours, ce qui, me concernant, est une expression pléonastique (tac!!), j’arrivai lundi dernier au bureau avec la fraîcheur d’une huître en plein Sahara. Dire que j’y allais à reculons était un peu en dessous de la réalité : à dire vrai, ma motivation avoisinait celle d’un condamné dans le couloir de la mort. Mais comme on dit, quand faut y aller, faut y aller (si je tiens le con qui a dit ça je lui fais manger ses dents).
J’arrive donc au bureau avec la ferme intention de me cloîtrer derrière mon écran et de n’en sortir qu’après 12 cafés et 4 heures de l’après midi. C’était sans compter sur Nouvelle et son enthousiasme envahissant. C’était aussi sans compter sur cette incroyable capacité qu’elle a à ne pas comprendre ce que je lui dis. Ca donne à peu près ça :
_ "Ah ah !! euh… dis, Sir Grouik, ah ah ! et euh… j’voulais ah ah ! savoir ah ah ah ! (ça, c’est son enthousiasme envahissant), et donc, en fait, j’voulais aussi te demander ah ah ! (oui, elle a le don pour perdre du temps…) et que alors, je voulais savoir : tu as fait le tri dans le fichier clients ?"
Sans laisser paraître que je suis à peu près aussi épuisé qu’un marathonien par la longueur et les détours de sa question, je lui réponds que c’est une tâche qu’on effectue au fur et à mesure vu l’aspect fastidieux de la chose et que de toutes manières, ça évolue tout le temps, donc autant le gérer au jour le jour. C’est alors qu’elle me répond :
_ "Aaaaahhh ! ok !… Mais je voulais savoir si… euh ah ah ah… et…hem… enfin…. ah ah … si t’avais fait le tri dans le fichier client, parce que tu vois, en fait… ah ah … faut faire le tri tu vois et que…". Elle a ensuite employé des mots de plus de quatre syllabes dont elle doit sûrement ignorer le sens et l’usage correct (ou alors, c’est qu’elle fait pas exprès).
J’aurais peut-être dû essayer de communiquer en JC Van Damme :
_ "Ecoute cocotte, first, tu vas pas me donner des ordres, because, ton direct chef, that’s me, okay ? Ensuite, tu vas get out de mon vital space, parce que, si t’es vraiment aware comme la fleur au milieu de the ocean of mind, tu devrais être careful que je m’entraîne pas au full contact sur your face… PARCE QUE T’ECOUTES PAS LA REPONSE ET EN PLUS J’AI HORREUR QU’ON VIENNE ME PARLER À TROIS CENTIMETRES !!".
Mais j’ai rien dit. Le dialogue avait atteint un niveau de surdité trop élevé pour que je poursuive la conversation en gardant tout mon sang-froid.
Néanmoins, dans ma grande classe, je n’ai pas voulu user de mon pouvoir et de mon crédit aux yeux de ZBBB et Big Boss pour lui tailler un costard. En effet, lors d’une réunion tenue à huis clos le jeudi qui suivit, les grandes instances patronales m’ont demandé de leur faire part de mon sentiment au sujet des employés, et notamment Nouvelle. Après avoir hésité à leur demander de lui interdire définitivement le café, je suis finalement tombé dans un discours consensuel où je mettais en avant ses qualités tout en nuançant mon propos en évoquant les défauts de sa jeunesse.
Tu dois sûrement te dire que je suis un fayot, un dégonflé, un bouffon, un premier de la classe, un bigorneau, un j'en-foutre, une limace, un François Bayrou, un ornithorynque ou que sais-je encore... Peut-être. Mais j’ai surtout réfléchi au fait que, grâce à Nouvelle, je ne me tape plus toutes les tâches fastidieuses et rébarbatives qu’il fallait que je m’embourbe avant qu’elle n’arrive. Alors, autant qu'elle reste...
J'arrive peut-être à ce moment crucial dans ma carrière : celui où je passe de l'autre côté de la barrière, celui où tu je dois faire fi des personnalités de chacun pour me concentrer sur les compétences, dans le seul et unique but d'en tirer profit. Au final, je me dis que mon rôle de chef me convient pas si mal… Parce que je le vaux bien ?
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Grouik
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